Un beau ténébreux / Gracq

 

« Peut-être ai-je tort de me le dire – dire ses pensées c’est toujours un peu prononcer un vœu – mais je suis destinée, je crois, à saccager ma vie. Je me soucie trop peu de ce qui ne compte pas. C’est comme si je rejetais le néant au néant avec une espèce de rage. ‘Que le temps perdu soit au moins perdu. Que ce qui fut vide au moins ne puisse en aucun cas être tourné à profit.’ C’est mon genre de noblesse. Combien je donnerais pour flotter endormie, au-dessus des espaces d’ennui qu’on traverse à vivre, tous ces moments où la pensée ne vous quitte jamais qu’on pourrait être ailleurs. »

[Julien Gracq, Un beau ténébreux, José Corti 1945]

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