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http://www.holidaysrecords.it/
 Ghérasim Luca
Théâtre de bouche LP
HOL-097

 

C’est précisément parce que le rituel théâtral soulève immédiatement cette question de la relation entretenue entre la représentation et la violence qu’il intéresse l’écriture poétique. Cette perspective fut notamment adoptée par Ghérasim Luca dans l’ensemble des poèmes recueillis en 1984 dans Théâtre de bouche… Mais Théâtre de bouche ne désigne pas seulement la scène restreinte où prennent place ces fragments de discours ; ce titre dit également de quel théâtre les bouches se font souvent la scène complaisante. Dans tout acte de parole serait virtuellement présente une théâtralité essentielle ; parler relève toujours du rituel. Aussi les textes vont-ils tous être caractérisés par une accentuation délibérée des marques linguistiques du rituel. Ce trait éclate dès le préambule : est construite une “axiomatique” philosophique qui souligne outrancièrement les critères attendus d’un « théâtre d’idées » : fermeté des postulats, logique de l’argumentation, utilisation des situations comme « exemples » destinés à vérifier la validité des déductions. La forme théâtrale que laisse attendre une telle préface-programme relèverait donc essentiellement du rituel didactique par lequel est illustré un ensemble de thèses.  (Dominique Carlat, Ghérasim Luca l’intempestif, José Corti)

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Luca Garino e Stefano Rösti sono all’origine di questo bellissimo progetto/album. Segno di un legame forte e che continua tra Ghérasim Luca e la cultura italiana, dal poema «Dé-monologue» pubblicato da “Le parole gelate” (Roma, 1960) a «Apostroph’Apocalypse» pubblicato dalle Edizioni Upiglio (Milano, 1967), a oggi…

Il cofanetto vinile contiene la riproduzione di un’opera di Micheline Catti.

Due testi di «Théâtre de bouche» sono stati tradotti in : «La Fine del mondo», uscito nel 2012 (Joker ed.)

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C’est précisément parce que le rituel théâtral soulève immédiatement cette question de la relation entretenue entre la représentation et la violence qu’il intéresse l’écriture poétique. Cette perspective fut notamment adoptée par Ghérasim Luca dans l’ensemble des poèmes recueillis en 1984 dans Théâtre de bouche… Mais Théâtre de bouche ne désigne pas seulement la scène restreinte où prennent place ces fragments de discours ; ce titre dit également de quel théâtre les bouches se font souvent la scène complaisante. Dans tout acte de parole serait virtuellement présente une théâtralité essentielle ; parler relève toujours du rituel. Aussi les textes vont-ils tous être caractérisés par une accentuation délibérée des marques linguistiques du rituel.

Ce trait éclate dès le préambule : est construite une “axiomatique” philosophique qui souligne outrancièrement les critères attendus d’un « théâtre d’idées » : fermeté des postulats, logique de l’argumentation, utilisation des situations comme « exemples » destinés à vérifier la validité des déductions. La forme théâtrale que laisse attendre une telle préface-programme relèverait donc essentiellement du rituel didactique par lequel est illustré un ensemble de thèses. La modalité assertive, utilisée dans des propositions à valeur gnomique, prédomine. Les structures elliptiques de la copule se multiplient :

L’homme créé : à exécrer (…) L’homme : axe d’un mot exténué (…) Axe de l’homme : le fantôme (…).

(Dominique Carlat, Ghérasim Luca l’intempestif, José Corti 1998)

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Ghérasim Luca

Théâtre de bouche LP

HOL-097

 

Ghérasim Luca (Bucarest, 1913 – Paris, 1994) was a Romanian-Jewish poet, co-founder and theorist of the Romanian Surrealist artists group. Harassed in his country, after World War II and a local exile he finally moved to Paris through Israel in 1952. His work on French language – characterized by the stammering effects described by Gilles Deleuze – attains its highest degree of expression during the public reading of his writings thanks to the whole-body work.

Théâtre de bouche, recorded on 21 February 1984 at Studio Sofreson by Rémi Goux and originally appeared as a cassette included in a special book edition published in 1984 by Criapl’e (Le Soleil Noir), highlights all axiomatic human torments. This edition, second volume in a series of sound poetry releases coordinated by Luca Garino, comes in a deluxe edition featuring the complete recording of the entire text by the author, and the reproduction of a drypoint drawing by Micheline Catty which was originally included in the limited book edition.

“Ghérasim Luca was the man who relentlessly pushed language toward its limits, which he transmuted from a mere instrument of representation into an extreme style of intensities. Luca knew how to stammer not just words, but language itself.” (Gilles Deleuze)

Pressing info: 250 copies on black, embossed lettering

 

 

 

https://www.academia.edu/28958390/auto-determinazione_gh%C3%A9rasim_luca

«La voix dans et par les poèmes de Luca n’exprime rien d’autre qu’une auto-détermination» (Serge Martin). O, secondo la formula di Ghérasim Luca, « exprimer l’inexprimable » all’interno del linguaggio. Benché non ci sia niente da esprimere, comme diceva Beckett: « il n’y a rien à exprimer, rien avec quoi exprimer, rien à partir de quoi exprimer, aucun pouvoir d’exprimer, aucun désir d’exprimer et, tout à la fois, l’obligation d’exprimer »

 

G-Luca-UNER

In una lettera a Max Brod del 1921, Franz Kafka scriveva: «La disperazione che ne seguì fu la loro ispirazione. […] (questa disperazione non era qualcosa che la scrittura avrebbe potuto acquietare, era un nemico della vita e della scrittura; la scrittura non era all’occorrenza che una soluzione provvisoria, come per qualcuno che scrive il suo testamento giusto prima di andare a impiccarsi, un provvisorio che può ben durare tutta una vita) era una letteratura impossibile da ogni punto di vista, dunque una letteratura di gitani […], perché ci vuol pure qualcuno che cammini sulla corda». Bisognava cominciare convocando l’impossibile: questo «tutta una vita» nel e attraverso il «provvisorio» che Franz Kafka evocava, guardando tanto alla propria situazione quanto a quella dei numerosi scrittori ebraici che cominciarono a «scrivere in tedesco». Anche se fece la scelta del francese e non del tedesco come il suo amico Paul Celan, non possiamo non associare Ghérasim Luca che a quegli scrittori il cui desiderio forte, secondo Kafka, era proprio di «abbandonare il giudaismo, generalmente con la vaga approvazione dei padri; (è questo vago che è rivoltante); lo volevano, ma le loro zampe posteriori stavano incollate ancora al giudaismo del padre e le loro zampe anteriori non trovavano un terreno nuovo. La disperazione che ne seguì fu la loro ispirazione.»
Nato nel 1913, il figlio di Berl Locker, sarto di Bucarest, presto orfano di guerra, parlava romeno, francese, tedesco e yiddish. Nel 1962, a quasi cinquant’anni, dieci anni dopo la sua venuta a Parigi, annotava per sé stesso questa paradossale e forte proposizione: «Je suis l’Étranjuif». Attese, difatti, la fine degli anni ottanta per abbandonare il suo status di apolide, obbligato a regolarizzare la sua carta d’identità. Il suo suicidio, il 9 febbraio 1994 nella Senna, è venuto a ricordare non solo che si considerava come definitivamente «hors la loi» così come l’aveva proclamato nel poème-tract del 1960, La Clef (La Chiave), ma anche che aveva sempre camminato sulla corda.

[Europe n. 1045, maggio 2016]

http://www.europe-revue.net/wp-content/uploads/2016/05/Livret-G-LucaR.pdf

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« Que serait le lyrisme s’il n’était, aussi, une matière sonore, des pulsations de sens, un sens tracé dans des manières de refrain, de complaintes, des da capo et des silences ? Souvenons-nous des bégaiements de Ghérasim Luca, lesquels mâchonnent tout le déchiré-déchirant de la langue, s’inventent un timbre immédiatement nécessaire, une frappe, un froissement, les irritent pour leur faire rendre gorge, agglutinant ou désarticulant les mots-matière. »

[Jean-Michel Espitallier, Caisse à outils, Pocket 2014]

 

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«Che cosa sarebbe il lirismo se non fosse, anche, una materia sonora, delle pulsazioni di senso, un senso indicato nei modi di ritornello, di cantilene, dei da capo e dei silenzi? Ricordiamoci dei balbettii di Ghérasim Luca che masticano tutto il lacerato-lacerante della lingua, si inventano immediatamente una tonalità necessaria, un timbro, un contrasto, li esasperano per farli emettere, agglutinando o disarticolando le parole-materia.»