« Comment, dans ces conditions, fais-je pour écrire, à ne considérer de cette amère folie que l’aspect manuel ? Je ne sais pas. Je pourrais le savoir. Mais je ne le saurai pas. Pas cette fois-ci. C’est moi qui écris, moi qui ne puis lever la main de mon genou. C’est moi qui pense, juste assez pour écrire, moi dont la tête est loin. Je suis Mathieu et je suis l’ange, moi venu avant la croix, avant la faute, venu au monde, venu ici » (S. Beckett, L’innomable).

“Come, in queste condizioni, riesco a scrivere, a non considerare di quest’amara follia che l’aspetto manuale ? Non lo so. Potrei saperlo. Ma non lo saprò. Non questa volta. Sono io che scrivo, io che non posso sollevare la mano dal mio ginocchio. Sono io che penso, quel poco che basta per scrivere, io la cui testa è lontana. Sono Matteo e sono l’angelo, io venuto prima della croce, prima della colpa, venuto al mondo, venuto qui”. (S. Beckett, L’innominabile).

P. G. : On a sans doute trop axé notre regard historique sur la contrainte, la menace. Il y a une adhésion mythologique depuis très longtemps. Je parle là de la Création du monde — pas de Dieu ou du Christ. Le Christ n’a jamais rien dit de particulier sur la Création du monde. Si ma mémoire est bonne, dans l’Évangile, il n’y a pas non plus de sommation de croire. Il est préférable de croire en Dieu, et de tout son être — donc sans contrainte. Est-ce qu’il y a des figurations de la Création très précises ? Non. Le Christ vient, mais est-il comptable de tous les textes de la Bible ? Je ne suis pas sûr. Qu’est-ce que le Christ connaît lui-même de l’Ancien Testament en tant qu’humain ? Étant Dieu, il connaît tout. Étant homme, qu’est-ce qu’il connaît réellement ? Pas grand-chose. Donc il est bien dans l’incapacité de dire comment l’homme a été créé. […] . C’est le juge qui fait le Mal et c’est une vision désespérante de l’humanité que de la figer dans un moment ; une vision désespérante de l’histoire du monde. Tout est transformable. On le voit bien dans la matière, elle se transforme devant nos yeux tout le temps. Nous sommes nous-mêmes composés de matière, j’y pensais dans le métro. J’allais je ne sais où et j’ai vu quelque chose qui m’a touché. J’ai pensé que nous étions composés d’eau. Nous sommes des humains tout à fait par hasard. Nous sommes humains, nous sommes debout, nous sommes des masses quantifiables : c’est tout à fait hasardeux. Nous sommes de la matière. Nous sommes minéraux. Donc, qu’est-ce que nous sommes pour juger d’autres amas tout aussi provisoires de matière ? C’est assez désespérant, mais on ne peut pas penser sans penser à cela. La plupart des gens qu’on nous propose comme penseurs aujourd’hui pensent à partir d’une idée de l’homme qui est fausse, qui n’est absolument pas matérielle ; une invention culturelle, une invention historique, une invention sur le temps. Il faut penser à partir du réel. Notre pensée elle-même est de la matière. C’est du son, de la voix, de l’effort. Cela vient d’organes, de nœuds, de ramifications de réseaux qui sont des réalités matérielles et non pas des réalités idéales. La création apparaît comme une image merveilleuse, une image nécessaire pour vivre. C’est rassurant, parce que Dieu est un être infini qui crée des réalités matérielles finies. On aurait dit aux gens qui écrivaient la Bible ou qui transmettaient les mythes que la Bible a assemblés, écrits, qu’ils n’étaient pas des formes pleines mais des formes aléatoires, des formes composées d’entités microscopiques, on leur aurait dit qu’ils étaient des petits fleuves, cela aurait sans doute bien changé le texte. La forme de soi comme fluide, comme matière, vous déstabilise, quand vous créez, elle vous accompagne. Si vous arrivez à vivre avec elle, ce que vous écrivez devient beaucoup plus émouvant, du fait que vous vous êtes ressenti comme amas de matière.

In termini ebraici, la realtà del mondo esterno non è visibile nelle leggi naturali (halikhot olam), ma viene rappresentata dalla Torah o Legge divina (halakhah). Una crisi relativa alla validità delle strutture del mondo si traduce, quindi, “giudaicamente” nel problema della validità della Legge. Contrapponendomi a Scholem, vorrei dimostrare che la strategia di Paolo di abolire la Legge non è stata dettata da motivazioni pragmatiche, una resa a un “impulso proveniente dall’esterno”, essa piuttosto segue rigorosamente la “logica immanente” di Paolo che deriva dall’accettazione di un messia giustamente crocifisso secondo la Legge. Tanto peggio per la Legge, sostiene Paolo; e perciò deve sviluppare la sua teologia messianica in una forma “totalmente antinomica”, che culmina nella dichiarazione che il messia crocifisso è “la fine della Legge” (Rm 10, 4). La crisi dell’interiorizzazione obbliga Paolo anche a distinguere tra un ebreo che è tale solo “esteriormente” e un ebreo che lo è anche “interiormente” (Rm 2, 28) – la parola “cristiano”, per lui, non esisteva ancora. La crisi è un evento intimamente ebraico. La crisi dell’escatologia diventa, per Paolo, una crisi di coscienza. Volgendo l’esperienza messianica all’interno, Paolo apre la porta alla coscienza introspettiva dell’Occidente.

(Jacob Taubes, Il prezzo del messianesimo, Quodlibet 2000)

 

Sul numero 99 di Anterem (dicembre 2019) tra gli altri: tre poesie di Ghérasim Luca uscite in volume nel 2012. Con un saggio inedito (“Senso e forma. La lingua straniera di Ghérasim Luca”); Hölderlin “Mnemosyne”, traduzioni in italiano, francese, inglese, spagnolo; “Apocalisse di Giovanni (12)” traduzione E. Lupieri; Joyce “Finnegans Wake” pagine iniziali tradotte da J. R. Wilcock; Zukofsky “80 Flowers”, dieci poesie tradotte da R. R. Florit.

 

Julia Kristeva scriveva nelle ultime pagine di Polylogue: «Non c’è, per essere esatti, letteratura americana contemporanea, nel senso di un’expérience des limites: i loro romanzieri d’avanguardia sono Cage e Bob Wilson, musica e teatro; quando non è Wolfson: Lo schizo e le lingue… ». Gilles Deleuze, in Critica e clinica, ha invocato questa expérience des limites, il raggiungere i limiti del linguaggio, a proposito della poesia di Luca: «è l’intero linguaggio a essere sospinto al proprio limite, musica o silenzio». (da: Senso e forma. la lingua straniera di Ghérasim Luca, Anterem 99, p. 24)

«Non era guarito dalla sua fonofobia? … Il più piccolo, il più innocuo dei suoni poteva giungere alle sue orecchie come un rumore disturbante, chiudergli la bocca, serrargli la gola, mozzargli respiro e parola? E persino un suono in cui chiunque avrebbe invece udito qualcosa di aperto, di amichevole, di francamente ben disposto nei riguardi del parlatore, un tono, il tono dell’attesa disinteressata, un’armonia fin dall’inizio, gli tagliava immediatamente le vie respiratorie, si materializzava come corpo estraneo nella trachea?» .(P. Handke, La notte della Morava, Garzanti 2012, cit. in AA. VV., Louis Wolfson. Cronache da un pianeta infernale, Manifestolibri 2014, pp. 212-213)