la fine del mondo – gherasim luca

recensione di Roberto Galaverni | 2012

 

 

 

 

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consistenze della prosa / pierre alferi

Se si ammette che ogni esperienza, quando è forte, si dà sotto le configurazioni del discontinuo, e che lo scritto – frasi, linee, versi, pagine che si susseguono – è un continuum, allora il primo lavoro di scrittura non è fare del discontinuo ma proprio fare del continuo. Ogni volta che la letteratura si volge – conversione decisiva – verso il suo presente che si presenta sempre più o meno male, ossia verso la percezione, lo scambio amoroso, la parola quotidiana, la società, ecc., la prima domanda è: come fare del continuo con questo, quale continuo farne, come concatenare? Anche in epoca recente dove si praticava, a fini di «sovversione», di «effetti di reale» o di rinnovamento ritmico, delle rotture ostentate – di tono, di sintassi – e delle omissioni, la domanda principale, soggiacente a tutte queste pratiche, e che appare, a distanza, ancor più pressante, era questa: quale tipo di continuum si ricostituisce oltre queste interruzioni, quale consistenza, quale qualità di materia è quindi conferita al testo considerato nella sua totalità?

 

 

consistances de la prose / pierre alferi

Si l’on admet que toute expérience, quand elle est forte, se donne sous les espèces du discontinu, et que l’écrit – phrases, lignes, vers, pages qui se suivent – est un continuum, alors le premier travail d’écriture n’est pas de faire du discontinu mais bien de faire du continu. Chaque fois que la littérature se tourne – conversion décisive – vers son présent qui toujours se présente plus ou moins mal, c’est-à-dire vers la perception, vers le commerce amoureux, vers la parole quotidienne, vers la société, etc., la première question est : comment faire du continu avec ça, quel continu en faire, comment enchaîner? Même à l’époque récente où l’on pratiquait, à des fins de « subversion », d’« effets de réel » ou de renouvellement rythmique, des ruptures ostensibles – de ton, de syntaxe – et des omissions, la question principale, sous-jacente à toutes ces pratiques, et qui apparaît plus pressante encore avec le recul, était celle-ci : quel type de continu se reconstitue par-delà ces interruptions, quelle consistance, quelle qualité de matière est alors donnée au texte pris en totalité?

[da Pierre Alferi, Brefs, P.O.L. 2016, p. 115]

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Luca Garino e Stefano Rösti sono all’origine di questo bellissimo progetto/album. Segno di un legame forte e che continua tra Ghérasim Luca e la cultura italiana, dal poema «Dé-monologue» pubblicato da “Le parole gelate” (Roma, 1960) a «Apostroph’Apocalypse» pubblicato dalle Edizioni Upiglio (Milano, 1967), a oggi…

Il cofanetto vinile contiene la riproduzione di un’opera di Micheline Catti.

Due testi di «Théâtre de bouche» sono stati tradotti in : «La Fine del mondo», uscito nel 2012 (Joker ed.)

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C’est précisément parce que le rituel théâtral soulève immédiatement cette question de la relation entretenue entre la représentation et la violence qu’il intéresse l’écriture poétique. Cette perspective fut notamment adoptée par Ghérasim Luca dans l’ensemble des poèmes recueillis en 1984 dans Théâtre de bouche… Mais Théâtre de bouche ne désigne pas seulement la scène restreinte où prennent place ces fragments de discours ; ce titre dit également de quel théâtre les bouches se font souvent la scène complaisante. Dans tout acte de parole serait virtuellement présente une théâtralité essentielle ; parler relève toujours du rituel. Aussi les textes vont-ils tous être caractérisés par une accentuation délibérée des marques linguistiques du rituel.

Ce trait éclate dès le préambule : est construite une “axiomatique” philosophique qui souligne outrancièrement les critères attendus d’un « théâtre d’idées » : fermeté des postulats, logique de l’argumentation, utilisation des situations comme « exemples » destinés à vérifier la validité des déductions. La forme théâtrale que laisse attendre une telle préface-programme relèverait donc essentiellement du rituel didactique par lequel est illustré un ensemble de thèses. La modalité assertive, utilisée dans des propositions à valeur gnomique, prédomine. Les structures elliptiques de la copule se multiplient :

L’homme créé : à exécrer (…) L’homme : axe d’un mot exténué (…) Axe de l’homme : le fantôme (…).

(Dominique Carlat, Ghérasim Luca l’intempestif, José Corti 1998)

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http://www.holidaysrecords.it/

 

Ghérasim Luca

Théâtre de bouche LP

HOL-097

 

Ghérasim Luca (Bucarest, 1913 – Paris, 1994) was a Romanian-Jewish poet, co-founder and theorist of the Romanian Surrealist artists group. Harassed in his country, after World War II and a local exile he finally moved to Paris through Israel in 1952. His work on French language – characterized by the stammering effects described by Gilles Deleuze – attains its highest degree of expression during the public reading of his writings thanks to the whole-body work.

Théâtre de bouche, recorded on 21 February 1984 at Studio Sofreson by Rémi Goux and originally appeared as a cassette included in a special book edition published in 1984 by Criapl’e (Le Soleil Noir), highlights all axiomatic human torments. This edition, second volume in a series of sound poetry releases coordinated by Luca Garino, comes in a deluxe edition featuring the complete recording of the entire text by the author, and the reproduction of a drypoint drawing by Micheline Catty which was originally included in the limited book edition.

“Ghérasim Luca was the man who relentlessly pushed language toward its limits, which he transmuted from a mere instrument of representation into an extreme style of intensities. Luca knew how to stammer not just words, but language itself.” (Gilles Deleuze)

Pressing info: 250 copies on black, embossed lettering

 

 

 

« … la tache que Walter Benjamin assignait au traducteur : à la différence de l’écrivain, plongé, immergé dans sa langue, le traducteur reste à distance de la sienne, travaillant à y faire retenir l’appel du texte original, là où l’écho d’une langue étrangère peut se répercuter dans la langue de sortie… […] chaque langue de traduction travaillant à partir de son propre manque, de sa propre incomplétude, à révéler, à réveiller l’affinité entre les langues […] et poursuivant le dessin d’intégrer la pluralité des langues dans une langue unique. »

[H. Damisch]

Monteverdi prendra à son compte toutes formules que d’autres auront trouvé pour lui, il s’appropriera sans vergogne les trouvailles et procédés de ses prédécesseurs, voir de ses contemporains, reléguant ainsi ces novateurs au rang de précurseurs (tant il est vrai, dit Borges, que «chaque artiste de génie crée ses précurseurs, car son apport modifie aussi notre façon de concevoir le passé»). (Maurice Roche, Monteverdi)